Les effets de la drogue et de l'alcool sur la sexualité

Auteur
Véronique Larivière, sexologue
Couple devant des shooters dans un bar

Dans l'une de mes dernières chroniques, je mentionnais que le cerveau jouait un grand rôle dans notre sexualité. Comme il a le dernier mot sur notre désir sexuel et notre libido, il va de soi que notre sexualité n'est pas la même lorsqu'il est altéré par l'alcool ou la drogue. Voici donc quelques faits intéressants sur les conséquences de la consommation sur notre sexualité.

Un petit verre pour la détente

L'alcool est reconnu pour aider à la détente et calmer le stress. Siroter un petit verre de vin dans la baignoire avec son ou sa partenaire crée un moment propice à l'intimité et au développement d'une complicité amoureuse. Nous avons tendance à nous ouvrir un peu plus, à profiter du bon temps à deux et à agrémenter les moments de tendresse.

À faible dose, l'alcool peut être un allié de la sexualité. Les contacts sexuels peuvent être plus langoureux et sensuels, car la consommation d'alcool a tendance à diminuer les inhibitions. La gêne de faire les premiers pas ou la peur que l'autre se moque de nous s'estompe peu à peu et nous nous laissons guider par nos envies. L'excitation monte plus rapidement, car nous nous abandonnons plus facilement. Nous pouvons donc considérer l'alcool comme un aphrodisiaque, mais il faut tout de même faire attention, son abus crée l'effet inverse.

Conséquences négatives

Bien que l'alcool puisse avoir des conséquences positives sur la sexualité, il en est tout autrement lorsque nous avons dépassé le verre de trop. L'orgasme qui semblait si facile à atteindre au premier verre semble quasi impossible à avoir lorsque nous avons trop bu.

Trop engourdi par l'alcool, le cerveau a plus de difficulté à envoyer les messages d'excitation au corps. C'est pourquoi la lubrification vaginale est moins abondante et l'érection de l'homme moins ferme. De plus, les effets désinhibants procurés au premier verre sont doublés avec les seconds. Il est donc possible de commettre des gestes que nous pourrions regretter une fois à jeun, comme des infidélités, par exemple.

L'influence des drogues

Le cannabis est la drogue illicite la plus consommée à travers le monde. Une légère consommation peut diminuer les inhibitions et augmenter le désir sexuel. La marijuana a longtemps été reconnue pour ses effets bénéfiques sur la sexualité. À faible dose, elle stimulerait l'excitation et intensifierait l'orgasme. En entraînant la détente, le cannabis favoriserait l'abandon et le laisser-aller, tout comme l'alcool.

Les dangers du cannabis

Par contre, l'envers de la médaille n'est jamais bien loin. Pour les consommateurs réguliers de cannabis, les conséquences négatives sur la sexualité sont rapidement détectables. Le THC contenu dans la marijuana entraîne des répercussions néfastes sur la réponse sexuelle.

En effet, il diminue la production de testostérone et de spermatozoïdes ce qui occasionne une baisse de désir sexuel, des dysfonctions érectiles et des troubles de l'orgasme. Autant chez l'homme que chez la femme, lorsqu'il est consommé à forte dose, le cannabis entraîne une baisse significative de la libido et de la capacité orgasmique.

L'ecstasy

Vous avez sans doute déjà entendu parler de l'ecstasy communément appelée « la pilule de l'amour ». Ce comprimé qui a la cote auprès des 18 à 30 ans est surtout reconnu pour ses vertus euphorisantes. Il facilite la communication, la proximité, le sentiment d'euphorie et de bien-être.

Bien qu'il s'agisse de bons préalables pour une sexualité satisfaisante, l'ecstasy est loin d'offrir les mêmes bienfaits le lendemain de sa consommation. Les hormones du plaisir, libérées en grande quantité lors de la prise, ne le sont plus lorsque le comprimé ne fait plus effet. Il y a donc une période importante de sevrage d'environ 24 à 72 heures où la personne est plongée dans un état dépressif profond.

Le GHB

Le GHB, connu aussi comme étant la « drogue du viol » est un puissant sédatif qui, lorsqu'il est consommé à forte dose, entraîne un état de vulnérabilité ou d'inconscience. Nous en avons beaucoup entendu parlé ces dernières années, car certains agresseurs le mélangent à l'alcool de leurs victimes pour faciliter le passage à l'acte.

Ce cocktail peut être mortel. On dit par contre que la réelle drogue du viol est l'alcool, car au Québec, 50 % des agressions sexuelles chez les jeunes seraient associées à la consommation d'alcool contre 0.5 % pour le GHB.

Attention à la médication : antihypertenseurs, antidépresseurs et autres

Bien que certains médicaments entraînent des conséquences négatives pour la sexualité, il faut savoir que leur consommation est nécessaire pour traiter diverses maladies. Souvent, il faut simplement prendre son mal en patience et attendre la fin de la posologie pour retrouver une sexualité satisfaisante.

C'est le cas des antihypertenseurs qui servent à ramener la pression sanguine à la normale. Certains d'entre eux occasionnent une diminution de la pression sanguine vers les organes génitaux, donc ils peuvent aussi entraîner une dysfonction érectile ou une sécheresse vaginale.

Les antidépresseurs sont également reconnus pour avoir des effets néfastes sur la sexualité. Certains vivront une baisse significative du désir sexuel et une difficulté à atteindre l'orgasme. Les anxiolytiques utilisés pour combattre l'anxiété peuvent aussi causer des troubles du désir et une éjaculation retardée.

Si vous avez l'impression que les médicaments que vous prenez nuisent à votre sexualité, il est important d'en parler à votre médecin avant de diminuer ou d'arrêter leur consommation. Il pourra voir avec vous les autres options possibles, afin que vous ne vous sentiez pas brimé dans votre sexualité.

Suivez la sexologue Véronique Larivière sur Facebook!

Categories

Vous aimerez aussi