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Qui plus est, le trouble oppositionnel peut facilement passer aux yeux de plusieurs comme la résultante d'une mauvaise éducation, même si vous agissez avec votre enfant avec considération, que vous le valorisez et l'encouragez depuis son plus jeune âge, que vous l'encadrez du mieux que vous le pouvez. Il vous semble tout de même ingrat et non reconnaissant et vous finissez par perdre patience à force d'endurer son insolence. C'est normal puisqu'il cherche à vous faire réagir coûte que coûte. Facile de tomber dans le piège... C'est comme s'il était, depuis l'âge de 3-4 ans, déjà entré dans l'adolescence!
La culpabilité
Si vous vous sentez coupables ou incompétents, c'est aussi tout à fait normal. Les troubles d'opposition rendent le parent impuissant; les trucs d'éducation qui fonctionnaient avec ses autres enfants ne fonctionnent soudain plus avec lui. Pire pour les parents qui n'ont jamais eu d'enfants! Du coup, ils se demandent : « Mais est-ce que c'est moi le problème? Est-ce moi qui n'ai pas le tour? »
Qui en est atteint?
Ce trouble, qui survient davantage chez le garçon que la fille dans une proportion de 4 pour 1, a fait l'objet d'un diagnostic assez récent puisqu'il a été classé officiellement en 1980. Pourtant, 5,7 % des enfants en sont aujourd'hui atteints, ce qui n'est pas rien! Il accompagne presque tous les troubles de maturation neurologique comme l'hyperactivité, le trouble de conduite, et parfois les troubles phobiques, anxio-dépressifs, obsessionnels ou les troubles envahissants du développement (TED). Toutefois, l'enfant opposant est la plupart du temps atteint d'un déficit d'attention. Comme il réfléchit mal avant d'agir, il refuse les contraintes et les exigences et s'oppose avant de penser. C'est le premier réflexe qui lui vient en tête.
Comment agir?
Il est très difficile d'agir en tant que parent avec ce genre d'enfant. Trop de contraintes, de dureté nourrissent l'opposition. En revanche, un trop grand laxisme, une trop grande acceptation des symptômes liés au trouble ne font que les amplifier. Comme partout ailleurs, l'équilibre est à privilégier. Mais est-ce vraiment facile de conserver un équilibre familial avec un enfant qui fait tout pour nous mettre en furie, qui n'obéit à aucune de nos règles et qui vise l'insolence? Pas facile non plus de vivre une vie de couple dans un tel climat. Les crises d'opposition opposent souvent papa et maman dans l'éducation. Pourtant, plus que n'importe quel enfant, l'enfant opposant a besoin d'encadrement.
Punitions-récompenses
Pour y arriver, ça vaut la peine de s'asseoir en couple et d'établir sur papier des règles claires avec exemple précis : s'il refuse de faire telle chose, il a telle conséquence. En revanche, s'il accepte de faire ses tâches, il a telle récompense. Les enfants opposants fonctionnent beaucoup par système de punitions-récompenses. C'est la carotte au bout du bâton et bien que plusieurs parents sont contre l'idée, c'est souvent la meilleure façon d'arriver à des résultats et à la responsabiliser. Bien sûr, les familles qui vivent avec un enfant opposant ont souvent besoin de l'aide d'un professionnel spécialisé en troubles de l'enfance pour les aider à conjuguer avec ce problème et à faire en sorte que le quotidien soit un peu plus endurable, que les frères, les soeurs se sentent moins lésés par toute l'attention que demande cet enfant un peu spécial...
Une faible estime de soi
Malheureusement, l'enfant opposant ne réalise pas toujours son comportement. Il agit sans trop penser, obtient la plupart du temps des conséquences pour son mauvais comportement sans vraiment comprendre pourquoi et se sent mal d'avoir agi de la sorte. Résultat : son estime de lui en prend un coup! Pour pallier cet inconvénient qui peut avoir une incidence sur sa confiance, il faut prendre du temps de qualité avec lui pour faire ce qu'il aime, sans contraintes. L'enfant opposant apprécie les contacts de personne à personne, aime qu'on prenne du temps pour être seul avec lui. C'est parfois difficile d'avoir envie de partager des moments d'intimité quand la veille il vous a envoyé les pires bêtises par la tête, mais ça vaut la peine d'oublier les rancunes et de prendre le temps qu'il faut pour renouer et nourrir les bons moments... C'est un investissement à long terme.
Violaine Dompierre, édimestre Canal Vie
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