Dre Nadia, psychologue à domicile
Chroniques
Zoé, 2 1/2 ans, souffre de bougeotte à l'heure du dodo
Plan d'intervention
Il est tout à fait normal que Marie-Claude se sente un peu submergée dans la situation actuelle.

Elle est prise dans un cercle vicieux où il y a de la colère et de la tristesse qui s'échangent entre elle et sa fille Zoé.

Ainsi, Zoé fonctionne bien dans d'autres milieux, mais avec sa mère, tout flanche.

Conséquemment, Marie-Claude devient plus hésitante dans ses interventions parce qu'elle anticipe que ça va encore mal se passer avec Zoé et que c'est de sa faute. Alors voici ce qui pourrait aider Marie-Claude à remédier à la situation :

Établir un horaire stable

Cet horaire de la journée doit toujours se ressembler aux yeux de l'enfant. Il devrait toujours comporter une période de jeu d'au moins 20 à 30 minutes. Ce sera alors le moment pour le parent d'établir une relation positive avec son enfant. Le parent et son enfant peuvent jouer à des jeux qui seront parfois dirigés, mais à certaines occasions, c'est l'enfant qui dirigera le jeu. Ainsi, l'enfant aura un sentiment de contrôle sur sa situation et son besoin de sécurité sera satisfait.

Zoé sent que la mère gère pas mal tout, car c'est elle qui dit: « non, ne fais pas ci, non, ne fais pas ça... ». Ces moments de jeu feront du bien à Zoé, mais il est important qu'elle comprenne à quel moment ça débute et à quel moment ça se termine.

Lorsque des crises surviennent, le parent doit éviter de répéter plusieurs fois une consigne, car l'enfant risque de faire en sorte que le parent ait toujours à se rendre à plusieurs avertissements et le danger, c'est que certains soirs, le parent n'ait pas la patience de se rendre jusque-là.

Il est donc préférable d'intervenir après 1 ou 2 avertissements, même si le parent n'est pas encore fâché. Ainsi, il intervient en fonction d'une limite constante, ce qui va faire en sorte que le parent ne sera jamais en colère contre l'enfant lors de l'intervention. Il protège ainsi l'enfant de sa colère!

Ça semble dur d'agir ainsi, car l'enfant sera frustré par les limites qu'on lui impose, mais il faut se dire qu'à partir du moment où l'enfant connaît la limite, il est sécurisé. Si la limite est toujours constante, l'enfant arrêtera de la tester, car il saura alors qu'elle est maintenue à la même place. L'avantage, c'est que le parent ne sera plus dans une relation de colère avec son enfant.

Routine du coucher

La routine au moment du coucher doit toujours être la même. Toutefois, si l'enfant n'a pas eu de période de jeu (1-2) dans la soirée, il est normal qu'il cherche à étirer l'heure du dodo, car il n'a pas eu sa dose d'attention.

En fait, peut-être qu'il l'a eue, mais c'était plutôt de l'attention négative, car son parent était en train de le réprimander. Lors des routines avant le dodo, on doit tenter d'éliminer toutes les « justifications » qui pourraient amener l'enfant à vouloir se relever (pipi, verre d'eau, bisou). Il s'agit simplement d'instaurer une routine pré-dodo qui comprend pipi, verre d'eau et bisou!

Ensuite, le parent se rend dans la chambre avec son enfant pour faire une petite routine agréable, toujours la même, durant laquelle il partage un moment positif avec l'enfant (chanter une chanson, lire une histoire). Le parent doit décider quand cette routine se termine, et non l'enfant. Il faut toujours que ça soit la même limite, c'est-à-dire sensiblement la même durée et la même chose chaque soir.

C'est normal qu'en lisant une histoire, l'enfant sente la fin de la routine et qu'il tente de faire plusieurs demandes, mais le parent doit sortir de la chambre tout de même et faire respecter la limite.

Dans le cas de Zoé, on accepte qu'elle reste dans son lit, les yeux ouverts, mais elle n'a pas le droit de sortir de son lit. Par contre, si l'enfant se lève, le parent doit retourner dans sa chambre et le rassurer en lui disant qu'il est dans la pièce à côté, mais qu'il ne veut pas qu'il se lève ou qu'il sorte de sa chambre. Le parent avertit l'enfant que s'il se lève, il fermera la porte de sa chambre. Il est préférable de ne pas menacer l'enfant à la fin de la routine dans la chambre, car il est souhaitable que cette routine se termine positivement.

Alors on intervient si l'enfant se lève une fois et on lui donne la consigne. Si l'enfant ne suit pas la consigne, vous devez mettre à exécution votre avertissement.

Dans le cas de Zoé, il s'agit de fermer la porte de sa chambre. L'enfant risque de réagir fortement, mais le parent doit persévérer et être constant.





Capsule 1
Marie-Claude a un nouveau conjoint depuis peu, mais elle
a longtemps été une mère monoparentale.

Si un parent seul s'isole, un cercle vicieux pourrait graduellement s'établir dans sa relation avec l'enfant.

Plus le parent est seul et à bout de ressources, plus il perd de l'énergie.

Plus il perd de l'énergie, moins il intervient adéquatement dans l'encadrement de l'enfant.

Moins il intervient adéquatement, plus l'enfant développe et maintient des comportements dérangeants et exigeants.

Plus l'enfant se comporte mal, plus le parent perd de l'énergie... et ainsi de suite.

Donc, si vous êtes seules à élever vos enfants et que vous voulez éviter de tomber dans ce cercle vicieux, entourez-vous de votre famille, de vos amis et élargissez votre réseau social.

C'est un service à rendre à vos enfants, qui en profiteront tout autant que vous!




Capsule 2
Marie-Claude éprouve plusieurs difficultés avec Zoé, dont l'heure du dodo.

Si les difficultés de Marie-Claude à encadrer l'heure du dodo font en sorte que Zoé s'endort tardivement, il est possible que celle-ci souffre d'un manque de sommeil.

Or, les enfants qui manquent de sommeil la nuit peuvent éprouver des difficultés de comportement durant la journée, notamment au niveau de l'agitation et de l'irritabilité.

Dans ce cas, la priorité est de régler le problème du dodo, car il est possible que lorsque l'enfant réussira à obtenir suffisamment de sommeil, une partie des problèmes de jour se résorberont ou deviendront plus facilement gérables.

L'encadrement, c'est important en tout temps... même tout juste avant que l'enfant ne tombe dans les bras de Morphée.





Question du public
Sophie de Boucherville se demande comment dire à quelqu'un qu'il devrait consulter pour ses enfants.

Réponse :

Ces situations sont toujours délicates... C'est normal de vouloir aider nos proches, mais comment le faire d'une façon qui ne les insultera pas? Pas facile!

L'idéal, c'est de toujours saisir le moment où le parent avoue être débordé ou ne plus savoir quoi faire, pour lui manifester notre empathie.

Une personne peut toujours être plus ouverte à nos commentaires lorsque nous lui démontrons d'abord que nous comprenons sa situation et que nous ne ferions pas mieux à sa place.

Si le parent manifeste une ouverture, vous pouvez ensuite lui demander ce qu'il a essayé comme stratégie jusqu'à maintenant.

S'il avoue qu'il pense avoir tout essayé, la porte serait alors ouverte pour lui demander si il a déjà pensé à consulter.

Rassurez-le en lui disant que votre but n'est surtout pas de l'insulter ou de le faire se sentir inadéquat, mais que le comportement de son enfant vous inquiète vous aussi.

Si le parent semble ambivalent face à la possibilité de consulter, offrez-lui de garder l'enfant un jour ou deux pour qu'il puisse prendre le recul nécessaire pour réfléchir aux solutions possibles, dont la possibilité d'une thérapie.

Chère Sophie, n'oubliez pas qu'on ne peut forcer personne à consulter et que souvent, le rôle des proches se limite au soutien et à l'empathie.

Bonne chance!




publicité
Liste de trucs et d'astuces
nadsya

vous propose

1 astuce pour bébé
Participez
Le club des petits mignons
Ils sont mignons, ils sont adorables et croquables? Faites-nous parvenir des photos des plus belles frimousses de votre entourage!
La plus récente photo
« Mignon-o-mètre » :
     
Nombre de votes : 59